Un pipeline vers la côte Est ouvrirait les marchés de l’Europe et d’ailleurs
- Kim Doran

- il y a 19 heures
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Publié initialement dans le Telegraph-Journal.
Pourquoi le couloir « Bouclier pour le Nord » de transport de l’énergie devrait être prolongé jusqu’au Nouveau-Brunswick
Lorsque les premiers ministres Doug Ford et Danielle Smith ont proposé le couloir « Bouclier pour le Nord » de transport de l’énergie, qui permettrait d’acheminer 500 000 barils de pétrole brut par jour de l’Alberta vers l’Ontario, M. Ford a déclaré qu’il serait « absolument magnifique » de voir le pipeline prolongé jusqu’à Saint John, au Nouveau-Brunswick, ouvrant ainsi l’accès aux marchés européens et internationaux.
Un pipeline pancanadien ferait bien plus que transporter du pétrole. Il renforcerait notre indépendance énergétique et consoliderait notre souveraineté. Le gouvernement fédéral doit faire preuve du même leadership pour l’expansion d’un pipeline vers la côte Est qu’il le fait actuellement pour la côte Ouest.
Le projet de la côte Ouest, annoncé par la première ministre Smith et le premier ministre Mark Carney quelques jours avant la proposition du corridor Northern Shield, permettra d’acheminer le pétrole albertain vers la Colombie-Britannique. Il est dirigé par Trans Mountain Corp., une société d’État qui détient une participation de 90 % dans le projet.
La côte Est est prête
Le Nouveau-Brunswick est bien positionné pour saisir l’occasion que représente ce projet d’envergure nationale, et le contexte n’a jamais été aussi favorable.
La première ministre Susan Holt a déjà exprimé l’appui de son gouvernement aux projets de pipelines.
« Nous souhaitons vivement voir ce type d’infrastructure s’étendre d’un océan à l’autre », a-t-elle déclaré lors de la réunion des premiers ministres en juin. « Nous voulons nous assurer que l’ensemble du Canada puisse tirer profit de ses ressources. »
Le projet Énergie Est, proposé pour la première fois en 2011, visait à construire un pipeline afin d’acheminer le pétrole brut de l’Alberta jusqu’à Saint John. Il bénéficiait d’un solide appui bipartisan en Alberta comme au Nouveau-Brunswick, mais il a été abandonné en 2017, notamment en raison d’une forte opposition au Québec, y compris de la part du gouvernement de l’ancien premier ministre François Legault.
Or, la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, qui occupait auparavant le poste de ministre de l’Énergie, a indiqué durant sa campagne à la direction que, compte tenu de l’instabilité géopolitique et de l’incertitude économique, elle était disposée à réévaluer la position du Québec sur les questions énergétiques.
En plus de prolonger le pipeline « Bouclier pour le Nord » de l’Ontario jusqu’au Nouveau-Brunswick, le même tracé devrait également servir à prolonger le gazoduc qui se termine actuellement à Lévis, au Québec. Ce projet, qui figurait autrefois parmi les principales priorités nationales du gouvernement libéral de Susan Holt au Nouveau-Brunswick, mettrait fin à la situation absurde où le gaz albertain destiné aux Maritimes transite par les États-Unis, ce qui fait grimper considérablement son coût en raison des frais élevés de transport.
Depuis son entrée en fonction, Mme Fréchette a rencontré le ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, John Herron, afin de discuter du transport de gaz naturel liquéfié (GNL) de Québec vers Saint John pour y être transformé, un projet qui nécessiterait l’expansion des infrastructures pipelinières existantes.
Une véritable consultation des Premières Nations
Pour que le couloir « Bouclier pour le Nord » de transport de l’énergie réponde à la définition d’un projet d’intérêt national du gouvernement fédéral, cinq critères doivent être satisfaits, dont l’un des plus importants est qu’il soit « une priorité élevée pour les dirigeants autochtones ».
Mme Smith et M. Ford ont tous deux indiqué que leurs gouvernements consultaient des partenaires autochtones. Pour que le pipeline soit prolongé jusqu’à Saint John, il faudra mener une consultation véritable et significative auprès des Premières Nations, et non se limiter à un simple exercice symbolique. Mme Smith a notamment suggéré que les Premières Nations puissent acquérir une participation dans le projet, ce qui pourrait démontrer une volonté d’établir le type de partenariat authentique nécessaire à sa réalisation.
Les Canadiens de l’Atlantique appuient un pipeline
Un nouveau pipeline vers la côte Est bénéficierait d’un appui populaire plus important et ferait face à moins d’obstacles politiques et administratifs que des projets précédents comme Énergie Est.
Selon un sondage du Bureau du Conseil privé, les deux tiers des Canadiens appuient la construction de nouveaux pipelines ou l’expansion des infrastructures existantes. Dans le Canada atlantique, cet appui atteint 73 %, tout juste derrière l’Alberta, où il s’élève à 78 %.
L’appui du gouvernement fédéral à un pipeline vers la côte Est permettrait d’accroître les exportations énergétiques du Canada et de renforcer notre indépendance dans un contexte mondial marqué par l’incertitude. Il s’agit d’une occasion de réaliser un véritable projet rassembleur, d’un océan à l’autre, qui permettra au Canada d’exporter ses ressources vers le monde selon ses propres conditions.
Plus que jamais, le moment est venu pour nos dirigeants politiques et les leaders du milieu des affaires de travailler ensemble afin d’aider notre pays à réaliser pleinement son potentiel et à devenir une véritable superpuissance énergétique pour les générations à venir.





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